L’animateur d’EPN: un animal apparemment pas assez social ou politique !

Un petit billet d’humeur ça fait du bien de temps en temps !
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pf0043.jpgForce est de constater que les Espaces Publics Numériques sont des structures quelques peu particulières qui vivent des réalités encore plus particulières au regard de la diversité “institutions” qui les portent (de la mJC à la bibliothèque en passant par le centre social et la cyberbase, etc…) .
Géographiquement, nous avons effectivement une dispersion de ces lieux, voir l’isolement pour certains. De même nous ne pouvons que constater que le profil des référents de ces structures sont eux aussi complètement disparates. Donc l’idée de favoriser la mise en réseaux des animateurs de ces lieux ne semble pas une idée incongrue. Mais…

I) Les réflexions que m’inspirent ces constats

  • Apparement l’animateur d’EPN doit être un animal “asocial”, ou peu “sociable” au vu du nombre d’outils collaboratifs et autres dispositifs qui lui sont proposés pour impérativement le mettre en réseau et l’obliger à partager.
  • Une fois de plus c’est l’outil qui est sensé faire le réseau, de susciter l’envie de partager et de mutualiser.
    A quand la démarche inverse, celle qui serait sensée “faire avec” les animateurs en partant de leurs besoins…
    Le recul nous montre que la simple mise à disposition d’ordinateurs pour le grand public n’est pas la solution pour développer les usages, donc prenons en note en ce qui concerne les animateurs !
  • Et le public dans tout ça ?. C’est bien mon interrogation! Indirectement il bénéficie à minima des retombées de la mise ou non mise en réseaux des acteurs. Mais dans ce contexte, chaque structure bidouille dans son coin, avec plus ou moins de bonheur, son site ou son espace ressources (car force est de constater que l’on ne s’improvise pas webmaster, ergonome !)
  • Peut-on admettre que ce qui manque, me semble-t-il à l’heure actuelle, ce sont des outils à destination des publics des EPN et non pas des animateurs qui le cas échéant, se construisent leurs propres réseaux d’échanges à travers notamment les listes de discussions (exemple de la liste des EPN avec ses quelques 2700 inscrits et d’autres disponibles).
    Ne peut-on mettre une partie des moyens et de l’énergie mis en direction des animateurs, dans des projets à destination des publics et construit avec utilisateurs ?

II) Pour illustrer l’effet “mille-feuilles” des ressources.

Prenons l’exemple d’un animateur au hasard, mais enclin à vouloir partager et collaborer : votre serviteur!

  • A titre personnel je commence sur ce blog qui me permet de partager de façon semi-personnelle ou semi-professionnelle ma veille.
  • Dans ma structure, nous travaillons en équipe dans se pose la question de la mutualisation des ressources et de la faire partager à notre réseau local d’acteurs et d’utilisateurs de notre commune.
    N’ayant pas encore trouvé l’Outil, nous avons différents sites sur lesquels je contribue donc ( maison-tic.org, laruche.maison-tic.fr, lagazette.maison-tic.fr,…)
  • Ayant le soucis de ne pas rester seul dans ma structure, je participe à un réseau d’animateurs d’EPM de la région Lyonnaise qui dispose d’un outil collaboratif (EPMdulyonnais.net) pour communiquer et échanger sur les pratiques et les outils des uns et des autres. Il faut donc que j’apporte ma contribution.

Etant à la fois responsable dans un EPM et membre d’un réseau les sollicitations se démultiplient !

  1. La région Rhône-Alpes ne s’étant pas encore donné les moyens de l’animation globale d’une politique d’accès public au TIC, s’intéresse (maladroitement) à la nécessaire mis en réseau des structures de l’accès public et pour ça bien évidement il faut des projets portails collaboratifs. A ce jour, à mon niveau, ce sont 2 futurs portails web auxquels je serai censé participer à alimenter leur contenu :
    – Celui lié à la Communauté Points d’accès à Internet de formavia (un reseau régional d’acteurs de la FOAD en construction).
    – Celui lié au développement du dispositif régional Terres à Clic sur un des CDRA de la région avec lequel nous travaillons qui se fusionne avec celui prévu dans le cadre de l’élaboration du plan de développement des TIC sur ce même territoire.
  2. A un niveau national ne faisant pas partie d’un réseau institutionnel de l’accès public, j’échappe aux portails “collaboratifs” des cyberbases, des points cyb, …au contenu intéressants au demeurant.
  3. Une autre catégorie de sollicitation bienveillante pour les animateurs, structures et réseaux dans laquelle je n’ai pas encore trouver ma place, ce sont ce que j’appellerais les Méta-réseaux.
    Ils souhaitent fédérer, de façon collaborative, les énergies individuelles ou collectives des différents acteurs de l’accès Public au sens large. Pour ma part je me sens proche de la démarche de CREATIF et souhaiterais y être actif. La dernière sollicitation de notre réseau d’EPM Lyonnais est celle d’Intercoop.
  4. Pour finir je dois faire référence à notre délégation de tutelle la DUI (délégation aux usages de l’internet) qui outre son portail de ressources pour l’accompagnement des animateurs se lance dans la mise en ligne de 2 outils de mutualisation de ressources en direction des animateurs :
    La 2PCL est une plate-forme de mutualisation de ressources avec licence d’utilisation adaptée aux espaces multimédias, qui a pour objectif de faciliter les échanges de ressources entre EPN. (elle n’est pas encore en ligne)
    CoPeRen est un répertoire collaboratif de liens ressources pour les animateurs de l’accès public et du multimédia.
    Ce dernier est le résultat d’une collaboration entre la DUI et CREATIF autour de l’encyclopédie ouverte de l’accès public wiki-acces-public.

Je pourrais en rajouter, mais voilà, la discussion est lancée, c’est à débattre !

3 réponses

  1. Jean-Luc R. dit :

    Bonsoir, merci pour cet article utile.

    Vous oubliez 😉 dans votre panorama le blog du Centre de Ressources des Espaces Publics Numériques de Wallonie ( http://www.epn-ressources.be ) que je coanime et qui certes, n’est pas situé en France, mais qui contient tout de même plus de 860 articles.

    Nous sommes partis du terrain pour le créer : cela a été une demande du réseau… c’est-à-dire des animateurs qui nous l’ont demandé car, au départ, nous n’avions pas prévu de site proprement dit. Ce n’était pas dans les cartons 😉

    Aujourd’hui, presque 12 mois après sa création, nous le regrettons pas :

    – les animateurs peuvent TOUS y écrire et en toute liberté (il y a à peu près 15 à 20 % du contenu qui est directement de leurs plumes),

    – le contenu fournit des ressources diversifiées, utilisables et des bases de réflexion, des synthèses aussi,

    – notre réseau est ouvert : tous nos articles sont disponibles pour tous les réseaux et aussi les EPN hors réseaux qui sont les plus nombreux, il faut rappeler (“pourquoi faire payer du contenu qui est disponible ailleurs sur Internet” comme dirait Michel Briand)… D’autre part, notre budget pour le faire et l’animer est de l’argent public (Région Wallonie) donc c’est un devoir que de faire cela de manière publique et à disposition de tous sans exclusive,… Autrement dit le contenu sert aussi bien aux animateurs qu’aux publics,

    – les animateurs se servent de ce qui est indiqué dans les ressources. nous en avons des exemples concrets d’ateliers, d’animations, d’activités montées à partir des ressources mises à disposition sur le blog EPN-Ressources.be,

    – nous avons ouverts des catégories d’articles pour nos régions soeurs (voisines) que sont le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie parce que ça correspondait à une demande là aussi,

    – les statistiques de fréquentation sont surprenantes : la progression de visiteurs uniques est exponentielle avec autant de visiteurs belges que de français et 10% de visiteurs d’Afrique et 10% du Canada.

    On n’a certes pas réinventé la roue avec ce blog mais on avance concrètement tout en ne négligeant pas ou en ne sous-estimant pas ce qu’il existe ailleurs.

  2. Guy PASTRE dit :

    Merci Jean-Luc,
    Il est vrai que le blog des EPN de Wallonie est trés riche sur son contenu.
    Sur la démarche, je salut l’initiative partie d’un besoin qui se construit avec les utilisateurs finaux.

    Dans ce billet je voulais mettre le doigt sur ce qui est une tendance, un peu trop lourde à mon goût, qui consiste à lancer des projets qui ont été pensés pour et la place des publics cibles.

    C’est le cas pour les outils “collaboratifs” que l’on souhaite mettre à disposition des animateurs.

    Je pense que le propre de l’accès public est d’être polymorphe et hétéroclite et que les réponses sont donc à construire aussi dans ce sens à la fois du niveau local au national comme peut l’illustrer votre blog.

    Avez-vous eu cette même réflexions au niveau des publics qui fréquentent vos espaces ? Y-t-il eu des demandes des animateurs pour aller vers un projet de “portail accessible” grand public par exemple.

    Je souhaite que nous puissions nous rencontrer pour en discuter de vive voix.
    Peut-être que votre venue à la Biennale de la M@ison les 7 et 8 décembre à Grigny(69) en sera l’occasion. ( http://biennale.maison-tic.fr )

    Cordialement

  3. Jean-Luc R. dit :

    J’ai bien compris votre billet 😉

    -> “Dans ce billet je voulais mettre le doigt sur ce qui est une tendance, un peu trop lourde à mon goût, qui consiste à lancer des projets qui ont été pensés pour et la place des publics cibles.”

    C’est difficile de démarrer de rien et dans tout projet de réseau de ce type, l’une des difficultés sont que les têtes de réseau sont difficilement au contact des publics… donc, meme si les statistiques existent, je crois tres fortement (en tout cas, c’est ce qu’on fait) que rien ne remplace le contact direct avec les EPN en se déplacant et en parlant avec les élus, les gestionnaires, les animateurs et les publics.
    Ca prend du temps, certes, mais je pense que rien ne remplace cela.

    -> “C’est le cas pour les outils “collaboratifs” que l’on souhaite mettre à disposition des animateurs”.

    Pour moi l’outil est absolument secondaire. Maintenant, je pense que se refugier derriere tel ou tel outil en le declarant comme collaboratif et coopératif est un leurre absolu (c’est une constante dans les TIC)… L’animation de réseau ne se fait pas en appuyant sur un bouton… C’est d’abord de l’humain et encore de l’humain et cela doit aussi s’inscrire dans une durée longitudinale… Là aussi, ça prend du temps (donc de l’argent), de la modestie mais quel enrichissement on en tire (pour les acteurs du projet). L’animation de réseau est une des clés à mon avis. Elle est très souvent sous-estimée, malheureusement, et cela ne s’improvise pas ; c’est un métier qui a du sens.

    -> “Je pense que le propre de l’accès public est d’être polymorphe et hétéroclite et que les réponses sont donc à construire aussi dans ce sens à la fois du niveau local au national comme peut l’illustrer votre blog.”

    C’est du glocal tout cela 😉

    -> “Avez-vous eu cette même réflexions au niveau des publics qui fréquentent vos espaces ? Y-t-il eu des demandes des animateurs pour aller vers un projet de “portail accessible” grand public par exemple.”

    C’est difficile à dire. Les animateurs et les publics sont fort divers. Le réseau est très récent en tant que tel. La question du “grand public” est quelque chose de pas si évident à saisir parce que “nos” EPN wallons sont majoritairement communaux et que des projets de ce type demandent une structuration de gestion de projet qui demande à mettre plusieurs acteurs locaux autour d’une table avec différents niveaux d’implication et aussi de responsabilités dans une problématique d’ensemble.

    -> “Je souhaite que nous puissions nous rencontrer pour en discuter de vive voix.
    Peut-être que votre venue à la Biennale de la M@ison les 7 et 8 décembre à Grigny(69) en sera l’occasion. ( http://biennale.maison-tic.fr )”

    Cf. ma réponse par email.

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