{"id":1121,"date":"2008-10-31T16:25:22","date_gmt":"2008-10-31T14:25:22","guid":{"rendered":"http:\/\/guy.pastre.eu\/?page_id=1121"},"modified":"2015-09-10T00:01:59","modified_gmt":"2015-09-09T22:01:59","slug":"pour-mieux-comprendre-le-copyleft-comme-principe-de-libertes","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/guy.pastre.org\/?page_id=1121","title":{"rendered":"R\u00c3\u00a9trospective sur le Copyleft et son \u00c3\u00a9volution (2008)"},"content":{"rendered":"<p>Texte de la conf\u00c3\u00a9rence donn\u00c3\u00a9e par Antoine Moreau le 15 octobre 2008 \u00c3\u00a0 l\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u2030cole Nationale Sup\u00c3\u00a9rieure d\u00e2\u20ac\u2122Art de Bourges, dans le cadre du cycle \u00e2\u20ac\u009dLibre comme l\u00e2\u20ac\u2122eau, l\u00e2\u20ac\u2122air\u00e2\u20ac\u00a6\u00e2\u20ac\u009d propos\u00c3\u00a9e par Nathalie Magnan.<\/p>\n<p><em>L&rsquo;article original :<a href=\"http:\/\/artlibre.org\/archives\/textes\/318\"> http:\/\/artlibre.org\/archives\/textes\/318<\/a><br \/>\n<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***********************<\/p>\n<h2><strong>Introduction.<\/strong><\/h2>\n<blockquote><p><em>L&rsquo;un dit que l&rsquo;essence de la justice est l&rsquo;autorit\u00c3\u00a9 du l\u00c3\u00a9gislateur, l&rsquo;autre la commodit\u00c3\u00a9 du souverain, l&rsquo;autre la coutume pr\u00c3\u00a9sente ; et c&rsquo;est le plus s\u00c3\u00bbr : rien, suivant la seule raison n&rsquo;est juste de soi ; tout branle avec le temps. La coutume fait toute l&rsquo;\u00c3\u00a9quit\u00c3\u00a9, par cette seule raison qu&rsquo;elle est re\u00c3\u00a7ue ; c&rsquo;est le fondement mystique de son autorit\u00c3\u00a9. Qui la ram\u00c3\u00a8ne \u00c3\u00a0 son principe l&rsquo;an\u00c3\u00a9antit. Rien n&rsquo;est si fautif que ces lois qui redressent les fautes ; qui leur ob\u00c3\u00a9it parce qu&rsquo;elles sont justes, ob\u00c3\u00a9it \u00c3\u00a0 la justice qu&rsquo;il imagine, mais non pas \u00c3\u00a0 l&rsquo;essence de la loi : elle est toute ramass\u00c3\u00a9e en soi ; elle est la loi et rien d&rsquo;autre <\/em> <a href=\"#1\">1<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<h2><strong>1\/ Br\u00c3\u00a8ve histoire du libre.<\/strong><\/h2>\n<h3>Notion du copyleft.<\/h3>\n<p>Issue des logiciels libres, le copyleft est une notion juridique qui s\u00e2\u20ac\u2122appuie sur la l\u00c3\u00a9gislation en vigueur pour autoriser :<\/p>\n<ul>\n<li>L\u00e2\u20ac\u2122usage ;<\/li>\n<li>La copie ;<\/li>\n<li>La diffusion ;<\/li>\n<li>La transformation des cr\u00c3\u00a9ations logicielles.<\/li>\n<li>Avec une obligation fondamentale : conserver intacts ces quatre droits.<\/li>\n<\/ul>\n<p>On ne peut s\u00e2\u20ac\u2122approprier de fa\u00c3\u00a7on exclusive une \u00c5\u201cuvre cr\u00c3\u00a9\u00c3\u00a9e sous les conditions du copyleft. Ce qui est \u00c3\u00a0 chacun, est \u00c3\u00a0 tous ; ce qui est \u00c3\u00a0 tous, est \u00c3\u00a0 chacun.<br \/>\nLes premi\u00c3\u00a8re cr\u00c3\u00a9ations copyleft ont \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 des logiciels, qualifi\u00c3\u00a9s de \u00c2\u00ab logiciels libres \u00c2\u00bb.<\/p>\n<h3>Formalisation du copyleft, invention du logiciel libre.<\/h3>\n<p>En 1984, <a href=\"http:\/\/www.stallman.org\/\">Richard Stallman<\/a>, un informaticien qui travaille au <a href=\"http:\/\/web.mit.edu\/\">M.I.T.<\/a> constate qu&rsquo;on lui interdit l&rsquo;acc\u00c3\u00a8s au code source du logiciel d&rsquo;une machine qui tombe en panne parce qu&rsquo;une marque s&rsquo;en est appropri\u00c3\u00a9 l&rsquo;usage exclusif. Le code-source, devenait propri\u00c3\u00a9taire alors qu&rsquo;il avait \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 jusque l\u00c3\u00a0 librement accessible, diffusable et transformable. Il d\u00c3\u00a9missionne de son poste de chercheur pour mettre au point un syst\u00c3\u00a8me d\u00e2\u20ac\u2122exploitation libre pour ordinateurs, ce sera le projet GNU <a href=\"#2\">2 <\/a> et cr\u00c3\u00a9e la Free Software Foundation dont l&rsquo;objectif est de promouvoir le logiciel libre d\u00c3\u00a9finit par le concept de copyleft.<\/p>\n<p>Mais un mot ne fait pas la loi. Pour que ce mot p\u00c3\u00a8se de tout son droit, il lui faut \u00c3\u00aatre associ\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 une licence juridique. Ce sera la <a href=\"http:\/\/www.gnu.org\/licenses\/gpl.html\">General Public License<\/a>.<br \/>\n\u00c3\u2030crite en 1989 avec l\u00e2\u20ac\u2122aide du juriste <a href=\"http:\/\/emoglen.law.columbia.edu\/\">Eben Moglen<\/a>, c&rsquo;est la premi\u00c3\u00a8re licence copyleft \u00c3\u00a0 voir le jour. Elle garantit \u00c3\u00a0 l\u00e2\u20ac\u2122utilisateur de logiciels quatre libert\u00c3\u00a9s fondamentales :<\/p>\n<ul>\n<li>La libert\u00c3\u00a9 d&rsquo;ex\u00c3\u00a9cuter le logiciel, pour n&rsquo;importe quel usage.<\/li>\n<li>La libert\u00c3\u00a9 d&rsquo;\u00c3\u00a9tudier le fonctionnement d&rsquo;un programme et de l&rsquo;adapter \u00c3\u00a0 ses besoins.<\/li>\n<li>La libert\u00c3\u00a9 de redistribuer des copies.<\/li>\n<li>La libert\u00c3\u00a9 d&rsquo;am\u00c3\u00a9liorer le programme et de rendre publiques les modifications afin que chacun puisse en b\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9ficier.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L\u00e2\u20ac\u2122id\u00c3\u00a9e forte de la GPL et du copyleft est de cr\u00c3\u00a9er un fonds commun duquel personne ne puisse retrancher pour un usage exclusif. Ainsi, ce qui appartient \u00c3\u00a0 chacun est disponible \u00c3\u00a0 tous \u00c3\u00a9galement et ce que chacun am\u00c3\u00a9liore, tout le monde peut en b\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9ficier.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, la GPL est utilis\u00c3\u00a9e par de nombreux auteurs de logiciels libres, les plus connus sont certainement GNU\/Linux (syst\u00c3\u00a8me d&rsquo;exploitation comme Windows ou Mac Os), The Gimp (retouche d&rsquo;image comme Photoshop), Openoffice.org (une suite bureautique comme Microsoft Office, avec une licence d\u00c3\u00a9riv\u00c3\u00a9e de la GPL, la <a href=\"http:\/\/www.gnu.org\/copyleft\/lesser.html\">LGPL<\/a>), Inskape (\u00c3\u00a9quivalent d&rsquo;Illustrator ou Freehand), Scribus <a href=\"#3\">3<\/a> (logiciel de PAO comme QuarkXpress ou Indesign), etc <a href=\"#4\">4&lt;<\/a>.<\/p>\n<h3>Ouvert par tradition.<\/h3>\n<p>Par del\u00c3\u00a0 la r\u00c3\u00a9alit\u00c3\u00a9 juridique du copyleft, il est important de comprendre que la pratique de l\u00e2\u20ac\u2122informatique est ouverte d\u00c3\u00a8s le tout d\u00c3\u00a9but. Cela fait partie de sa culture. Le copyleft en informatique trouve ses racines bien avant qu\u00e2\u20ac\u2122il ne soit formalis\u00c3\u00a9 par le projet GNU et la GPL.<br \/>\nIl y a eu dans les ann\u00c3\u00a9es 1950, le groupe SHARE cr\u00c3\u00a9\u00c3\u00a9 par IBM qui \u00c2\u00ab proposait aux utilisateurs de mutualiser leurs efforts de d\u00c3\u00a9veloppement et d\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a9changer leurs logiciels \u00c2\u00bb<a href=\"#5\">5<\/a>.<br \/>\nPuis ensuite, Unix, le syst\u00c3\u00a8me d&rsquo;exploitation invent\u00c3\u00a9 par Ken Thompson en 1969 dans le laboratoire Bell AT&amp;T a offert son code source aux universit\u00c3\u00a9s10 comme, par exemple \u00c3\u00a0 l\u00e2\u20ac\u2122universit\u00c3\u00a9 de Berkeley, qui en r\u00c3\u00a9\u00c3\u00a9crivant le code a pu cr\u00c3\u00a9er <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/BSD\">BSD<\/a>, une autre famille de syst\u00c3\u00a8mes d&rsquo;exploitation de type open-source.<\/p>\n<blockquote><p><em>Ces libert\u00c3\u00a9s \u00c3\u00a9taient depuis le d\u00c3\u00a9but des ann\u00c3\u00a9es 1960 jusqu&rsquo;\u00c3\u00a0 celui des ann\u00c3\u00a9es 1980 la r\u00c3\u00a8gle en mati\u00c3\u00a8re d&rsquo;informatique et non l&rsquo;exception. M\u00c3\u00aame le code des syst\u00c3\u00a8mes d&rsquo;exploitation \u00c3\u00a9tait \u00c3\u00a0 la disposition des clients sans facturation et avec droit de modification explicitement \u00c3\u00a9crit. Aucune entreprise n&rsquo;aurait alors achet\u00c3\u00a9 un ordinateur &#8211; ceux-ci co\u00c3\u00bbtaient alors l&rsquo;\u00c3\u00a9quivalent d&rsquo;une vingtaine d&rsquo;ann\u00c3\u00a9es de salaire d&rsquo;un cadre &#8211; en acceptant d&rsquo;\u00c3\u00aatre d\u00c3\u00a9pendant pieds et poings li\u00c3\u00a9s d&rsquo;un constructeur <\/em> <a href=\"#6\">6<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>De la m\u00c3\u00aame fa\u00c3\u00a7on, l&rsquo;internet n\u00e2\u20ac\u2122a pu exister que parce qu\u00e2\u20ac\u2122il fonctionne avec des protocoles ouverts. Bas\u00c3\u00a9 sur les standards de transport de donn\u00c3\u00a9es TCP\/IP <a href=\"#7\">7<\/a>, il permet l\u00e2\u20ac\u2122acc\u00c3\u00a8s libre aux ordinateurs quelles que soient leurs particularit\u00c3\u00a9s.<br \/>\nComme la \u00c3\u00a9crit M\u00c3\u00a9lanie Cl\u00c3\u00a9ment-Fontaine <a href=\"#8\">8<\/a> dans l\u00e2\u20ac\u2122introduction de son \u00c3\u00a9tude sur la General Public License :<\/p>\n<blockquote><p><em>L&rsquo;esprit du logiciel libre est n\u00c3\u00a9 avec le Request For Comment (RFC) <a href=\"#9\"> 9<\/a> de l&rsquo;\u00c3\u00a9quipe qui a cr\u00c3\u00a9\u00c3\u00a9 Internet en 1969. Dans l&rsquo;expression \u00c2\u00ab logiciel libre \u00c2\u00bb il y a le terme \u00c2\u00ab libre \u00c2\u00bb signifiant \u00c2\u00ab qui a le pouvoir de d\u00c3\u00a9cider, d&rsquo;agir par soi-m\u00c3\u00aame \u00c2\u00bb (dictionnaire Le Robert). Le syst\u00c3\u00a8me des usages des logiciels libres a pour finalit\u00c3\u00a9, en effet, la protection de la libert\u00c3\u00a9 en mati\u00c3\u00a8re informatique [\u00e2\u20ac\u00a6]. Ce mouvement est fr\u00c3\u00a9quemment pr\u00c3\u00a9sent\u00c3\u00a9 comme un combat \u00c2\u00ab citoyen \u00c2\u00bb en raison de la place toujours croissante de l&rsquo;informatique dans l&rsquo;organisation de nos soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9s. \u00c3\u20ac l&rsquo;instar de toute forme ou moyen de communication ou de cr\u00c3\u00a9ation, l&rsquo;accent est mis sur le danger qu&rsquo;un seul type de logiciels s&rsquo;impose aux utilisateurs.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>Aussi, le logiciel libre avec le copyleft est une pratique observante de la tradition de l\u00e2\u20ac\u2122informatique, dans le sens o\u00c3\u00b9 tradition c\u00e2\u20ac\u2122est ce qui se transmet et se transforme, comme le langage, les coutumes, les pratiques sociales et culturelles, etc.<\/p>\n<h3>Le gauche d&rsquo;auteur est tr\u00c3\u00a8s adroit.<\/h3>\n<p>Le copyleft n&rsquo;est pas un \u00c2\u00ab anti-copyright \u00c2\u00bb, ce n&rsquo;est pas l&rsquo;abandon des droits d&rsquo;auteur.<\/p>\n<blockquote><p><em>Dans le copyleft, les auteurs ne sont pas oubli\u00c3\u00a9s, ils sont cit\u00c3\u00a9s et prot\u00c3\u00a9g\u00c3\u00a9s de l&#8217;emprise propri\u00c3\u00a9taire d\u00c3\u00a9finitive. Un objet copyleft\u00c3\u00a9 ne peut \u00c3\u00aatre copyright\u00c3\u00a9, ce qui est ouvert reste ouvert. Les licences libres prot\u00c3\u00a8gent les auteurs de qui voudrait faire main basse sur leur cr\u00c3\u00a9ation pour se l&rsquo;approprier d\u00c3\u00a9finitivement et emp\u00c3\u00aacher qu&rsquo;elle soit \u00c3\u00a0 nouveau copiable, diffusable et transformable librement <\/em><a href=\"#10\">10<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>Ce n&rsquo;est donc pas une n\u00c3\u00a9gation du droit d\u00e2\u20ac\u2122auteur, ni m\u00c3\u00aame son d\u00c3\u00a9tournement \u00c3\u00a0 la mani\u00c3\u00a8re situationniste <a href=\"#11\">11<\/a>, mais son retournement. Se cr\u00c3\u00a9e alors ce qu\u00e2\u20ac\u2122on pourrait appeler un v\u00c3\u00a9ritable retournement de situation <a href=\"#12\">12<\/a> : la remise en forme du droit d\u00e2\u20ac\u2122auteur en intelligence avec le num\u00c3\u00a9rique, le transport r\u00c3\u00a9ticulaire et l\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a9conomie propre \u00c3\u00a0 la cr\u00c3\u00a9ation en g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9rale. Une \u00c3\u00a9conomie au sens large o\u00c3\u00b9 ce qui compte n&rsquo;est pas r\u00c3\u00a9duit \u00c3\u00a0 la seule comptabilit\u00c3\u00a9.<br \/>\nCe qui compte c&rsquo;est aussi ce qui ne se compte pas, c&rsquo;est la puissance de la cr\u00c3\u00a9ation des auteurs en rapport les uns avec les autres et en rapport avec un public qui, aujourd&rsquo;hui, est \u00c3\u00a9galement de plus en plus auteur lui-m\u00c3\u00aame.<\/p>\n<h2><strong>2\/ L&rsquo;auteur, entre augmentation et autorit\u00c3\u00a9.<\/strong><\/h2>\n<h3>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un auteur ?<\/h3>\n<blockquote><p><em>Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;ouvrages de Platon et il n&rsquo;y en aura pas. Ce qu&rsquo;\u00c3\u00a0 pr\u00c3\u00a9sent l&rsquo;on d\u00c3\u00a9signe sous ce nom est de Socrate au temps de sa belle jeunesse. Adieu et ob\u00c3\u00a9is-moi. Aussit\u00c3\u00b4t que tu auras lu et relu cette lettre, br\u00c3\u00bble-l\u00c3\u00a0 <\/em><a href=\"#13\">13<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>La notion d&rsquo;auteur n&rsquo;existe pas dans la Gr\u00c3\u00a8ce Antique ni au Moyen-\u00c3\u201age o\u00c3\u00b9 l&rsquo;autorit\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a9manait des dieux ou de Dieu appara\u00c3\u00aet \u00c3\u00a0 la Renaissance avant d&rsquo;\u00c3\u00aatre formalis\u00c3\u00a9e juridiquement par des droits d&rsquo;auteur.<br \/>\nL&rsquo;imprimerie va \u00c3\u00aatre un facteur d\u00c3\u00a9terminant qui va amplifier une premi\u00c3\u00a8re \u00c3\u00a9mergence de la notion d&rsquo;auteur situ\u00c3\u00a9e aux environs du XII\u00c3\u00a8me Si\u00c3\u00a8cle avec la pens\u00c3\u00a9e scolastique qui va s&rsquo;interroger sur la question de l&rsquo;auteur humain en rapport avec l&rsquo;auteur divin dans les textes sacr\u00c3\u00a9s.<br \/>\nCe sera ensuite des textes profanes comme \u00c2\u00ab La divine com\u00c3\u00a9die \u00c2\u00bb de Dante qui peut-\u00c3\u00aatre qualifi\u00c3\u00a9 de premier auteur moderne <a href=\"#14\">14<\/a>.<\/p>\n<h3>L&rsquo;auteur, entre autorit\u00c3\u00a9 et augmentation.<\/h3>\n<p>Selon l\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a9tymologie, est auteur le cr\u00c3\u00a9ateur d&rsquo;une oeuvre qui augmente le patrimoine artistique ou litt\u00c3\u00a9raire (du latin augere qui veut dire augmenter, accro\u00c3\u00aetre et qui a donn\u00c3\u00a9 le participe pass\u00c3\u00a9 auctus et le substantif auctor <a href=\"#15\">15<\/a>).<\/p>\n<p>Mais si l&rsquo;auteur est bien \u00c2\u00ab celui qui accro\u00c3\u00aet ce qui existe d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 \u00c2\u00bb il est \u00c3\u00a9galement celui qui fait autorit\u00c3\u00a9. Entre l&rsquo;augmentation des ressources communes et l&rsquo;autorit\u00c3\u00a9 singuli\u00c3\u00a8re de celui qui se pose en cr\u00c3\u00a9ateur, il y a un dialogue contradictoire qui ne trouve sa r\u00c3\u00a9solution que dans la fiction juridique qui va trancher plus ou moins d&rsquo;une c\u00c3\u00b4t\u00c3\u00a9 que de l&rsquo;autre. Cette histoire a un d\u00c3\u00a9but, un d\u00c3\u00a9veloppement et une fin.<br \/>\nCar l&rsquo;auteur lui-m\u00c3\u00aame est un personnage n\u00c3\u00a9 pour une repr\u00c3\u00a9sentation culturelle : apr\u00c3\u00a8s le d\u00c3\u00a9veloppement de son activit\u00c3\u00a9 o\u00c3\u00b9 il a tenu le premier r\u00c3\u00b4le, il s&rsquo;\u00c3\u00a9loigne de la sc\u00c3\u00a8ne pour laisser la place \u00c3\u00a0 d&rsquo;autres r\u00c3\u00b4les.<\/p>\n<p>Sans doute n&rsquo;est-il pas exag\u00c3\u00a9r\u00c3\u00a9 d&rsquo;observer que le commencement de cette \u00c2\u00ab fin de l&rsquo;auteur \u00c2\u00bb a \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 point\u00c3\u00a9 par Marcel Proust dans son essai \u00c2\u00ab Contre Sainte Beuve \u00c2\u00bb <a href=\"#16\">16<\/a>. L&rsquo;\u00c3\u00a9crivain, qui se fait l\u00c3\u00a0 plus critique que le critique, conteste la m\u00c3\u00a9thode biographique de Sainte Beuve pour faire valoir l&rsquo;ind\u00c3\u00a9pendance de l&rsquo;\u00c3\u00a9criture vis-\u00c3\u00a0-vis de l&rsquo;auteur suppos\u00c3\u00a9 tel. Il ne s&rsquo;agit pas de nier l&rsquo;auteur en sa l\u00c3\u00a9gitime autorit\u00c3\u00a9, mais d&rsquo;affirmer que son texte passe par lui, le traverse et que la notion d&rsquo;auteur elle-m\u00c3\u00aame, rattach\u00c3\u00a9e \u00c3\u00a0 une personne est une construction culturelle.<\/p>\n<h3>L&rsquo;Auteur n&rsquo;existe pas, il n&rsquo;y a que des auteurs.<\/h3>\n<p>Le coup de tonnerre qui annon\u00c3\u00a7a la fin de l&rsquo;auteur a \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 la publication du texte de Roland Barthes \u00c2\u00ab La mort de l&rsquo;auteur \u00c2\u00bb en 1968 suivi quelques mois apr\u00c3\u00a8s par celui de Michel Foucault, \u00c2\u00ab La fonction de l&rsquo;auteur \u00c2\u00bb.<\/p>\n<blockquote><p><em>Donner un Auteur \u00c3\u00a0 un texte, c&rsquo;est imposer \u00c3\u00a0 ce texte un cran d&rsquo;arr\u00c3\u00aat, [\u00e2\u20ac\u00a6] c&rsquo;est fermer l&rsquo;\u00c3\u00a9criture <a href=\"#17\">17<\/a>.<\/em><br \/>\n<em>La naissance du lecteur doit se payer de la mort de l&rsquo;Auteur<\/em> <a href=\"#18\">18<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<blockquote><p><em>Nous avons coutume de dire [\u00e2\u20ac\u00a6] que l&rsquo;auteur est l&rsquo;instance cr\u00c3\u00a9atrice jaillissante d&rsquo;une \u00c5\u201cuvre o\u00c3\u00b9 il d\u00c3\u00a9pose, avec une infinie richesse et g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9rosit\u00c3\u00a9, un monde in\u00c3\u00a9puisable de significations.[\u00e2\u20ac\u00a6] La v\u00c3\u00a9rit\u00c3\u00a9 est tout autre : l&rsquo;auteur [\u00e2\u20ac\u00a6] est un certain principe fonctionnel par lequel, dans notre culture, on d\u00c3\u00a9limite, on exclut, on s\u00c3\u00a9lectionne : bref, le principe par lequel on entrave la libre circulation, la libre manipulation, la libre composition, d\u00c3\u00a9composition, recomposition de la fiction. L&rsquo;auteur est donc la figure id\u00c3\u00a9ologique par lequel on conjure la prolif\u00c3\u00a9ration du sens<\/em> <a href=\"#19\">19<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>L&rsquo;id\u00c3\u00a9e selon laquelle \u00c2\u00ab l&rsquo;\u00c5\u201cuvre existe en quelque sorte par elle-m\u00c3\u00aame, comme l&rsquo;\u00c3\u00a9coulement nu et anonyme du langage \u00c2\u00bb <a href=\"#20\">20<\/a> avait d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 exprim\u00c3\u00a9e au XIX\u00c3\u00a8me par quelqu&rsquo;un comme Joseph de Maistre, qu&rsquo;on peut difficilement accuser de modernisme, lorsqu&rsquo;il affirme :<\/p>\n<blockquote><p><em>Si, sur ce point de l&rsquo;origine du langage [\u00e2\u20ac\u00a6] notre si\u00c3\u00a8cle a manqu\u00c3\u00a9 la v\u00c3\u00a9rit\u00c3\u00a9, c&rsquo;est qu&rsquo;il avait une peur mortelle de la rencontrer. [\u00e2\u20ac\u00a6] Lorsqu&rsquo;une nouvelle langue se forme, elle na\u00c3\u00aet au milieu d&rsquo;une soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 qui est en pleine possession du langage ; et l&rsquo;action, ou le principe qui pr\u00c3\u00a9side \u00c3\u00a0 cette formation ne peut inventer arbitrairement aucun mot ; il emploie ceux qu&rsquo;il trouve autour de lui ou qu&rsquo;il appelle de plus loin ; il s&rsquo;en nourrit, il les triture, il les dig\u00c3\u00a8re ; il ne les adopte jamais sans les modifier plus ou moins<\/em><a href=\"#21\">&lt;21<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>L&rsquo;expression de l&rsquo;auteur n&rsquo;existe, pour ainsi dire, pas. Ce qui existe c&rsquo;est l&rsquo;oeuvre du langage, un tissu de citations, une matrice \u00c3\u00a0 textes, tous issus du Texte originel <a href=\"#22\">22<\/a>.<br \/>\nL&rsquo;auteur, selon Barthes, est devenu simple scripteur et celui-ci annonce la primaut\u00c3\u00a9 du lecteur.<br \/>\nDe la m\u00c3\u00aame fa\u00c3\u00a7on que Marcel Duchamp a pu d\u00c3\u00a9clarer : \u00c2\u00ab Ce sont les regardeurs qui font le tableau \u00c2\u00bb, Barthes a pu montrer que c&rsquo;est le lecteur qui, destinataire du texte, reconna\u00c3\u00aet l&rsquo;autorit\u00c3\u00a9 l\u00c3\u00a9gitime de l&rsquo;auteur. En effet, l&rsquo;autorit\u00c3\u00a9, \u00c3\u00a0 la diff\u00c3\u00a9rence du pouvoir, ne s&rsquo;impose pas, elle se reconna\u00c3\u00aet.<\/p>\n<blockquote><p><em>La reconnaissance d&rsquo;une autorit\u00c3\u00a9 est un geste invisible qui place un sujet dans le regard de l&rsquo;autre. [\u00e2\u20ac\u00a6] L&rsquo;autorit\u00c3\u00a9 est une domination qui ne se fonde que sur l&rsquo;\u00c3\u00a9galit\u00c3\u00a9 des sujets qui l&rsquo;exercent et de ceux sur qui elle s&rsquo;exerce. La reconnaissance n&rsquo;est donc pas le masque du consentement manipul\u00c3\u00a9 par un pouvoir secr\u00c3\u00a8tement coercitif. [\u00e2\u20ac\u00a6] Le spectateur n&rsquo;est pas un permanent du spectacle, l&rsquo;intermittence du spectateur soutient l&rsquo;intermittence intrins\u00c3\u00a8que et essentielle des acteurs et des cr\u00c3\u00a9ateurs. Si les industries m\u00c3\u00a9diatiques pratiquent avec une telle \u00c3\u00a9nergie commerciale les techniques de flux ininterrompus, la r\u00c3\u00a9mun\u00c3\u00a9ration chronom\u00c3\u00a9tr\u00c3\u00a9e du visible, la disqualification symbolique et mat\u00c3\u00a9rielle de toutes les interruptions, suspens et temps d&rsquo;invisibilit\u00c3\u00a9, c&rsquo;est tr\u00c3\u00a8s pr\u00c3\u00a9cis\u00c3\u00a9ment parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus d&rsquo;autorit\u00c3\u00a9 de l&rsquo;auteur ni par voie de cons\u00c3\u00a9quence du spectateur. Il n&rsquo;y a que tyrannie des productions, de la productivit\u00c3\u00a9 et d&rsquo;une dur\u00c3\u00a9e dont l&rsquo;horloge est index\u00c3\u00a9e sur la continuit\u00c3\u00a9 ininterrompue de la diffusion<\/em> <a href=\"#23\">&lt;23<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>C&rsquo;est bien pourquoi le copyleft n&rsquo;est ni un anti-copyright ni la n\u00c3\u00a9gation de l&rsquo;auteur. C&rsquo;est la reconnaissance de sa l\u00c3\u00a9gitime autorit\u00c3\u00a9 et de ses droits en rapport avec la r\u00c3\u00a9alit\u00c3\u00a9 mat\u00c3\u00a9rielle du num\u00c3\u00a9rique, de l&rsquo;internet et des pratiques contemporaines des productions de l&rsquo;esprit.<\/p>\n<p>Maintenant se pose la question de comment rendre r\u00c3\u00a9el le copyleft. Comment faire en sorte qu&rsquo;il ne s&rsquo;\u00c3\u00a9puise pas dans la pure r\u00c3\u00a9activit\u00c3\u00a9 n\u00c3\u00a9gatrice, que ce ne soit pas un v\u00c5\u201cu pieux ou un simple id\u00c3\u00a9al, mais bien une pratique concr\u00c3\u00a8te et effective.<\/p>\n<h2><strong>3\/ Copyleft pour la cr\u00c3\u00a9ation hors logiciel : La Licence Art Libre.<\/strong><\/h2>\n<h3>Une licence copyleft pour les productions de l&rsquo;esprit hors logiciel.<\/h3>\n<p>Si la GPL convient pour les logiciels, elle ne convient pas pour les autres genres de cr\u00c3\u00a9ation. C&rsquo;est la raison pour laquelle en 2000 j&rsquo;ai r\u00c3\u00a9uni un groupe d&rsquo;artistes <a href=\"#24\">24<\/a> pour organiser <a href=\"http:\/\/artlibre.org\/archives\/news\/210\">les rencontres Copyleft Attitude<\/a> qui ont d\u00c3\u00a9bouch\u00c3\u00a9 sur la r\u00c3\u00a9daction d&rsquo;une licence libre pour tous types de cr\u00c3\u00a9ation : la Licence Art Libre <a href=\"#25\">25<\/a>. C&rsquo;est une licence libre copyleft pour l&rsquo;art entendu comme exc\u00c3\u00a9dant le domaine de l&rsquo;art, c&rsquo;est \u00c3\u00a0 dire qu&rsquo;elle convient pour toutes sortes de production de l&rsquo;esprit \u00c3\u00a0 partir du moment o\u00c3\u00b9 elles peuvent \u00c3\u00aatre prot\u00c3\u00a9g\u00c3\u00a9es par le droit d&rsquo;auteur.<br \/>\nVoici le pr\u00c3\u00a9ambule de sa derni\u00c3\u00a8re version (1.3) :<\/p>\n<blockquote><p><em>Avec la Licence Art Libre, l&rsquo;autorisation est donn\u00c3\u00a9e de copier, de diffuser et de transformer librement les oeuvres dans le respect des droits de l&rsquo;auteur.<br \/>\nLoin d&rsquo;ignorer ces droits, la Licence Art Libre les reconna\u00c3\u00aet et les prot\u00c3\u00a8ge. Elle en reformule l&rsquo;exercice en permettant \u00c3\u00a0 tout un chacun de faire un usage cr\u00c3\u00a9atif des productions de l&rsquo;esprit quels que soient leur genre et leur forme d&rsquo;expression.<br \/>\nSi, en r\u00c3\u00a8gle g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9rale, l&rsquo;application du droit d&rsquo;auteur conduit \u00c3\u00a0 restreindre l&rsquo;acc\u00c3\u00a8s aux oeuvres de l&rsquo;esprit, la Licence Art Libre, au contraire, le favorise. L&rsquo;intention est d&rsquo;autoriser l&rsquo;utilisation des ressources d&rsquo;une oeuvre ; cr\u00c3\u00a9er de nouvelles conditions de cr\u00c3\u00a9ation pour amplifier les possibilit\u00c3\u00a9s de cr\u00c3\u00a9ation. La Licence Art Libre permet d&rsquo;avoir jouissance des oeuvres tout en reconnaissant les droits et les responsabilit\u00c3\u00a9s de chacun.<br \/>\nElle s&rsquo;appuie sur le droit fran\u00c3\u00a7ais, est valable dans tous les pays ayant sign\u00c3\u00a9 la Convention de Berne <a href=\"#26\">26<\/a>. Traduite en plusieurs langues pour faciliter sa compr\u00c3\u00a9hension, elle ne n\u00c3\u00a9cessite pas d&rsquo;adaptation \u00c3\u00a0 la l\u00c3\u00a9gislation des auteurs r\u00c3\u00a9sidant hors du territoire fran\u00c3\u00a7ais et d\u00c3\u00a9sireux de l&rsquo;utiliser<\/em>.<\/p><\/blockquote>\n<p>On la trouve sur le site de Copyleft Attitude http:\/\/artlibre.org ainsi que sur d&rsquo;autres sites.<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.gnu.org\/licenses\/licenses.html\">Elle est recommand\u00c3\u00a9e par la Free Software Foundation<\/a>, en ces termes : \u00c2\u00ab We don&rsquo;t take the position that artistic or entertainment works must be free, but if you want to make one free, we recommend the Free Art License. \u00c2\u00bb<\/p>\n<p>Depuis son existence, ce sont des milliers de cr\u00c3\u00a9ations qui ont \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 faites et qui se font toujours avec la LAL <a href=\"#27\">27<\/a>. aussi bien des photos, des dessins, des vid\u00c3\u00a9os, des musiques, des textes, que des cr\u00c3\u00a9ations qui n&rsquo;appartiennent pas \u00c3\u00a0 priori au domaine de l&rsquo;art. Des \u00c5\u201cuvres qui sont quelques fois de qualit\u00c3\u00a9 mais aussi beaucoup qui sont tout simplement tr\u00c3\u00a8s passables.<br \/>\nLe copyleft n&rsquo;est pas un label de qualit\u00c3\u00a9, c&rsquo;est une disposition d&rsquo;esprit \u00c3\u00a0 l&rsquo;ouverture. Les \u00c5\u201cuvres ne sont jamais finies, m\u00c3\u00aame si quelques fois elles approchent la perfection et se suffisent \u00c3\u00a0 elle-m\u00c3\u00aame, elles sont dans un processus infini de cr\u00c3\u00a9ation possible.<\/p>\n<h3>Depuis 2001, des licences \u00c2\u00ab libres \u00c2\u00bb pour une \u00c2\u00ab culture libre \u00c2\u00bb.<\/h3>\n<p>La Licence Art Libre est la premi\u00c3\u00a8re licence libre r\u00c3\u00a9ellement cons\u00c3\u00a9quente pour les contenus <a href=\"#28\">&lt;28<\/a>. Depuis 2001 il existe le projet <a href=\"http:\/\/creativecommons.org\/\">Creative Commons<\/a> qui pr\u00c3\u00a9sente un panel de licences inspir\u00c3\u00a9es du mouvement Open-Source. Une seule se rapproche de la Licence Art Libre qui peut \u00c3\u00aatre qualifi\u00c3\u00a9e de \u00c2\u00ab copyleft \u00c2\u00bb, c&rsquo;est la <a href=\"http:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-sa\/2.0\/fr\/\">Share Alike By Attribution<\/a> (i.e. : Paternit\u00c3\u00a9 et Partage des Conditions Initiales \u00c3\u00a0 l&rsquo;Identique) mais uniquement dans sa version 2.0 <a href=\"#29\">29<\/a>. Les autres ne sont pas libres, au sens du logiciel libre et du copyleft, car elles ne garantissent pas les libert\u00c3\u00a9s offertes par le copyleft. Par exemple, celle qui n&rsquo;autorise pas les modifications, ou celle qui interdit le commerce en autorisant les modifications, ou encore celle qui autorise les modifications mais interdit le commerce, etc.<br \/>\nEn tout, vous avez le choix entre 6 licences, dont une seule est copyleft dans sa version 2.0.<\/p>\n<p>Je ne vais pas m&rsquo;\u00c3\u00a9tendre sur les probl\u00c3\u00a8mes que posent cette politique du libre choix dans le choix du libre. Juste vous dire que Copyleft Attitude a de bonnes relations avec Creative Commons et que nous avons travaill\u00c3\u00a9 ensemble pour rendre enti\u00c3\u00a8rement compatible, la LAL et la CC BY-SA.<br \/>\nCette compatibilit\u00c3\u00a9 est implicite, mais la formaliser explicitement dans les textes est beaucoup plus difficile en r\u00c3\u00a9alit\u00c3\u00a9. Seule une d\u00c3\u00a9cision politique de part et d&rsquo;autre pourrait rendre possible cette compatibilit\u00c3\u00a9 <a href=\"#30\">30<\/a>.<\/p>\n<p>Un bon conseil : choisissez la LAL, elle est facile \u00c3\u00a0 comprendre, r\u00c3\u00a9ellement copyleft, et tr\u00c3\u00a8s efficiente. Comme elle s&rsquo;appuie sur le droit fran\u00c3\u00a7ais elle n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;\u00c3\u00aatre adapt\u00c3\u00a9e pour avoir une dimension internationale <a href=\"#31\">31<\/a>.<\/p>\n<p>Pour finir sur cette question, et parce qu&rsquo;on me l&rsquo;a demand\u00c3\u00a9, je vais vous raconter une histoire. Une histoire vraie, celle de Florian Cramer, \u00c3\u00a9crivain, sp\u00c3\u00a9cialiste de l&rsquo;\u00c3\u00a9criture informatique et directeur des cours de media design au <a href=\"http:\/\/pzwart.wdka.hro.nl\/mdr\/research\/fcramer\/\">Piet Zwart Institute<\/a> de Rotterdam aux Pays-Bas o\u00c3\u00b9 il d\u00c3\u00a9veloppe le \u00c2\u00ab software art \u00c2\u00bb et la culture du copyleft aupr\u00c3\u00a8s de ses \u00c3\u00a9tudiants. Cette histoire se d\u00c3\u00a9roule en trois temps : 2001, 2004 et 2008.<\/p>\n<ul>\n<li>En 2001, j&rsquo;ai rencontr\u00c3\u00a9 Florian Cramer lors d&rsquo;un colloque intitul\u00c3\u00a9 \u00c2\u00ab <a href=\"http:\/\/www.cl.cam.ac.uk\/CODE\/\">CODE<\/a> \u00c2\u00bb, \u00c3\u00a0 Cambridge o\u00c3\u00b9 j&rsquo;ai fait une communication pour pr\u00c3\u00a9senter la Licence Art Libre. Il \u00c3\u00a9tait intervenu dans le public pour me poser des questions sur la licence et objecter son inutilit\u00c3\u00a9 puisqu&rsquo;il y avait la GPL. Je lui r\u00c3\u00a9pondais que la GPL convenait parfaitement pour les logiciels, mais pas pour les cr\u00c3\u00a9ations hors logiciel.<\/li>\n<li>En 2004, je le croise \u00c3\u00a0 nouveau \u00c3\u00a0 Bruxelles pour <a href=\"http:\/\/archive.constantvzw.org\/events\/vj8\/\">Jonction 8<\/a>, une manifestation artistique en phase avec le logiciel libre. Il pr\u00c3\u00a9sentait le \u00c2\u00ab <a href=\"http:\/\/pzwart.wdka.hro.nl\/mdr\/research\/lliang\/open_content_guide\">Guide to Open Content Licenses<\/a> \u00c2\u00bb qui fait la promotion des licences libres, Creative Commons et Art Libre entre autres. Il admettait donc la n\u00c3\u00a9cessit\u00c3\u00a9 d&rsquo;avoir une licence libre pour les contenus, et pr\u00c3\u00a9sentait les licences Creative Commons comme \u00c3\u00a9tant l&rsquo;aboutissement des licences libres pr\u00c3\u00a9c\u00c3\u00a9dentes. La LAL aurait \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 pionni\u00c3\u00a8re, mais serait d\u00c3\u00a9pass\u00c3\u00a9e aujourd&rsquo;hui par Creative Commons, plus attractif et plus international.<\/li>\n<li>En septembre 2008, je re\u00c3\u00a7ois un colis par la poste : le catalogue des travaux de ses \u00c3\u00a9tudiants. R\u00c3\u00a9alis\u00c3\u00a9 sous sa direction, il est mis sous <a href=\"http:\/\/artlibre.org\/licence\/lal\/en\/\">Free Art license<\/a>, c&rsquo;est \u00c3\u00a0 dire sous Licence Art Libre.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ceci pour vous dire qu&rsquo;il faut du temps, m\u00c3\u00aame chez les personnes les plus averties, pour distinguer les qualit\u00c3\u00a9s de ce qui est r\u00c3\u00a9ellement libre au sens du copyleft et du logiciel libre et ce qui ne l&rsquo;est pas vraiment.<\/p>\n<p>D\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 en 2006, Florian Cramer avait post\u00c3\u00a9 dans la liste de diffusion nettime un texte intitul\u00c3\u00a9 \u00c2\u00ab <a href=\"http:\/\/www.nettime.org\/Lists-Archives\/nettime-l-0610\/msg00025.html\">The Creative Common Misunderstanding<\/a> \u00c2\u00bb o\u00c3\u00b9 il expliquait , \u00c3\u00a0 la suite d&rsquo;un autre acteur du monde du libre, Benjamin Mako Hill <a href=\"#32\">32<\/a>, ses r\u00c3\u00a9serves vis-\u00c3\u00a0-vis des licences Creative Commons.<br \/>\nAujourd&rsquo;hui il recommande la LAL pour la r\u00c3\u00a9alisation d&rsquo;\u00c5\u201cuvres libres.<\/p>\n<h2><strong>4\/ Politique du copyleft. <\/strong><\/h2>\n<p>Je voudrais terminer par une interrogation que je n&rsquo;ai pas l&rsquo;intention d&rsquo;occulter : le copyleft est-il une nouvelle id\u00c3\u00a9ologie ? La question est de savoir ce qui, \u00c3\u00a0 l&rsquo;\u00c3\u00a8re des Nouvelles Technologies de la Communication et de l&rsquo;Information, va pouvoir institution un cadre de vie qui va tenir en respect les tentatives de domination auxquelles nous sommes fatalement confront\u00c3\u00a9s dans toutes vie en soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 ?<\/p>\n<h3>Dogme versus id\u00c3\u00a9ologie.<\/h3>\n<p>Pour d\u00c3\u00a9couvrir la teneur politique et donc profond\u00c3\u00a9ment culturelle du copyleft, je vais essayer de vous faire comprendre la distinction entre \u00c2\u00ab id\u00c3\u00a9ologie \u00c2\u00bb et \u00c2\u00ab dogmatique \u00c2\u00bb.<\/p>\n<blockquote><p><em>Je d\u00c3\u00a9teste le mot communication. Socialement, la parole est l&#8217;empire de la force ; la communication est un dogme, un r\u00c3\u00a9seau de propositions qui nous renvoient au principe d&rsquo;autorit\u00c3\u00a9 <a href=\"#33\">33<\/a>.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00c2\u00ab Dogmatique \u00c2\u00bb nous renvoie \u00c3\u00a0 la tradition grecque, litt\u00c3\u00a9raire, philosophique et politique. Le mot \u00c2\u00ab dogme \u00c2\u00bb y est utilis\u00c3\u00a9 pour d\u00c3\u00a9signer le r\u00c3\u00a9cit des r\u00c3\u00aaves ou des visions, pour dire l&rsquo;opinion, mais aussi la d\u00c3\u00a9cision ou le vote \u00c2\u00bb <a href=\"#34\">34<\/a>. <\/em><\/p>\n<p><em>Historiquement, [le terme id\u00c3\u00a9ologie] est entr\u00c3\u00a9 dans la r\u00c3\u00a9flexion sociale avec le marxisme qui lui a donn\u00c3\u00a9 tout de suite un sens p\u00c3\u00a9joratif, l&rsquo;id\u00c3\u00a9ologie est le contraire de la science. Elle se pr\u00c3\u00a9sente d&rsquo;abord comme une vision du monde, c&rsquo;est-\u00c3\u00a0-dire une construction intellectuelle qui explique et justifie un ordre social existant, \u00c3\u00a0 partir de raisons naturelles ou religieuses\u00e2\u20ac\u00a6 Mais cette vision n&rsquo;est en r\u00c3\u00a9alit\u00c3\u00a9 qu&rsquo;un voile destin\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 cacher la poursuite d&rsquo;int\u00c3\u00a9r\u00c3\u00aats mat\u00c3\u00a9riels \u00c3\u00a9go\u00c3\u00afstes en renfor\u00c3\u00a7ant et \u00c3\u00a9tendant la domination d&rsquo;une classe de privil\u00c3\u00a9gi\u00c3\u00a9s. L&rsquo;id\u00c3\u00a9ologie est donc une superstructure de la soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 dont elle \u00c3\u00a9mane et qu&rsquo;elle soutient <a href=\"#35\">35<\/a> \u00e2\u20ac\u00a6<\/em><\/p>\n<p><em>Il faut donc dire que c&rsquo;est l&rsquo;adogmatisme \u00e2\u20ac\u201c et pas du tout le dogmatisme \u00e2\u20ac\u201c qui constitue le v\u00c3\u00a9ritable noyau de tous les totalitarismes. Toute dictature politique se fonde au bout du compte sur une dictature du temps. L&rsquo;impossibilit\u00c3\u00a9 d&rsquo;\u00c3\u00a9chapper \u00c3\u00a0 son propre temps, d&rsquo;\u00c3\u00a9chapper \u00c3\u00a0 la prison de l&rsquo;esprit du temps, d&rsquo;\u00c3\u00a9migrer hors de son propre pr\u00c3\u00a9sent, est un esclavage ontologique sur lequel repose au bout du compte tout esclavage politique ou \u00c3\u00a9conomique.<br \/>\nC&rsquo;est ce qui permet de reconna\u00c3\u00aetre \u00c3\u00a0 coup s\u00c3\u00bbr toute id\u00c3\u00a9ologie totalitaire moderne : le fait qu&rsquo;elle nie la possibilit\u00c3\u00a9 du supratemporel, ce qui d\u00c3\u00a9passe les limites des \u00c3\u00a9poques, l&rsquo;immortel, en un mot : le dogmatique. [\u00e2\u20ac\u00a6] Pour reprendre les termes dans lesquels Victor Chklovski a justement r\u00c3\u00a9sum\u00c3\u00a9 l&rsquo;id\u00c3\u00a9ologie de l&rsquo;\u00c3\u00a8re stalinienne \u00c3\u00a0 son tout d\u00c3\u00a9but : le temps a toujours raison. Le dogmatisme est ainsi la source de n&rsquo;importe quelle r\u00c3\u00a9sistance contre le pouvoir totalitaire du temps, car est dogmatique quelqu&rsquo;un qui soutient que certaines id\u00c3\u00a9es ou certaines choses sont supratemporelles \u00e2\u20ac\u201c sans pouvoir cependant en apporter la preuve. Il s&rsquo;agit donc l\u00c3\u00a0 encore d&rsquo;une d\u00c3\u00a9cision mais cette d\u00c3\u00a9cision n&rsquo;est pas dans le temps et pour le temps, elle est contre le temps<\/em> <a href=\"#36\">36<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<h3>Le copyleft, principe intempestif.<\/h3>\n<p>Je crois pouvoir dire alors que le copyleft participe bien de ce \u00c2\u00ab r\u00c3\u00a9cit des r\u00c3\u00aaves ou des visions \u00c2\u00bb qui va \u00c3\u00a0 contre-temps de tout ce qui pr\u00c3\u00a9tend dominer le cours de la cr\u00c3\u00a9ation. C&rsquo;est une libert\u00c3\u00a9 intempestive qui ne se soumet pas \u00c3\u00a0 l&rsquo;injonction de l&rsquo;actualit\u00c3\u00a9 mais envisage un temps \u00c3\u00a9largi, qui va tr\u00c3\u00a8s loin dans le pass\u00c3\u00a9, tr\u00c3\u00a8s loin dans l&rsquo;avenir et tr\u00c3\u00a8s profond\u00c3\u00a9ment dans le pr\u00c3\u00a9sent.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est donc pas une id\u00c3\u00a9ologie mais un processus dogmatique, n\u00c3\u00a9cessaire, pour que les libert\u00c3\u00a9s qui sont mises en avant et offertes \u00c3\u00a0 tous puissent tenir debout pour chacun et pour tous. Car il ne suffit pas d&rsquo;avoir de bonnes intentions (on sait par ailleurs que \u00c2\u00ab l&rsquo;enfer est pav\u00c3\u00a9 de bonnes intentions \u00c2\u00bb et que celui \u00c2\u00ab qui veut faire l&rsquo;ange, fait la b\u00c3\u00aate \u00c2\u00bb <a href=\"#37\">37<\/a>), d&rsquo;\u00c3\u00a9crire le nom \u00c2\u00ab libert\u00c3\u00a9 \u00c2\u00bb partout, comme l&rsquo;a fait \u00c3\u2030luard dans un po\u00c3\u00a8me c\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a8bre <a href=\"#38\">38<\/a> pour d\u00c3\u00a9fendre la libert\u00c3\u00a9. Il faut se donner les moyens d&rsquo;en prendre soin, y compris contre la libert\u00c3\u00a9 elle-m\u00c3\u00aame quand elle se veut \u00c2\u00ab indompt\u00c3\u00a9e \u00c2\u00bb comme un feu qui se propage partout sur la plan\u00c3\u00a8te.<\/p>\n<blockquote><p><em>Par nos efforts, nous avons allum\u00c3\u00a9 un feu, un feu dans l\u00e2\u20ac\u2122esprit des hommes. Il r\u00c3\u00a9chauffe ceux qui ressentent sa force, il br\u00c3\u00bble ceux qui combattent sa propagation et un jour, ce feu indompt\u00c3\u00a9 de la libert\u00c3\u00a9 atteindra les recoins les plus sombres de notre monde<\/em><a href=\"#39\">39<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>Aussi, le copyleft entend dompter ce feu d\u00c3\u00a9vorant et d\u00c3\u00a9vastateur de la libert\u00c3\u00a9 pour en conserver la chaleur. Il s&rsquo;agit de d\u00c3\u00a9velopper un art de la braise et de savoir s\u00e2\u20ac\u2122y prendre avec ce qui consume. Pour le dire en deux mots : la libert\u00c3\u00a9 doit \u00c3\u00aatre ch\u00c3\u00a2ti\u00c3\u00a9e comme on le fait d\u00e2\u20ac\u2122un langage <a href=\"#40\">40<\/a>.<br \/>\nPour \u00c3\u00a9viter le contresens qui pourrait \u00c3\u00aatre fait de cette formule un peu provocatrice, il faut bien comprendre qu&rsquo;il y a n\u00c3\u00a9cessit\u00c3\u00a9, pour la libert\u00c3\u00a9 elle-m\u00c3\u00aame, d\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00aatre envisag\u00c3\u00a9e avec suffisamment de soin pour qu&rsquo;elle ne disparaisse pas en cendre, en fum\u00c3\u00a9e cool aussi refroidissante qu&rsquo;un coup de feu.<br \/>\nSoit, je le rappelle pour ne pas finir, quatre libert\u00c3\u00a9s et une obligation qui les fait tenir et en prend soin :<\/p>\n<ul>\n<li>Libert\u00c3\u00a9 d&rsquo;acc\u00c3\u00a8s ;<\/li>\n<li>Libert\u00c3\u00a9 de copier ;<\/li>\n<li>Libert\u00c3\u00a9 de diffuser ;<\/li>\n<li>Libert\u00c3\u00a9 de transformer ;<\/li>\n<li>Obligation de conserver ces quatre libert\u00c3\u00a9s.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ce dernier point est important, c&rsquo;est la clef de vo\u00c3\u00bbte qui garantit les quatre libert\u00c3\u00a9s et fait tenir le tout en s&rsquo;opposant \u00c3\u00a0 l&#8217;emprise exclusive de ce qui a pu \u00c3\u00aatre librement cr\u00c3\u00a9\u00c3\u00a9.<\/p>\n<p><em>\u00c2\u00ab Le copyleft, principe de libert\u00c3\u00a9s \u00c2\u00bb, texte de la conf\u00c3\u00a9rence donn\u00c3\u00a9e \u00c3\u00a0 l&rsquo;\u00c3\u2030cole Nationale Sup\u00c3\u00a9rieure d&rsquo;Art de Bourges le 15 octobre 2008 dans le cadre du cycle \u00c2\u00ab Libre comme l&rsquo;eau, l&rsquo;air\u00e2\u20ac\u00a6 \u00c2\u00bb propos\u00c3\u00a9e par Nathalie Magnan.<br \/>\nCopyleft : ce texte est libre, vous pouvez le copier, le diffuser et le modifier selon les termes de la Licence Art Libre http:\/\/www.artlibre.org<\/em><\/p>\n<ol class=\"footnotes\">\n<li><em><a name=\"1\"><\/a>P<\/em>ascal, Pens\u00c3\u00a9es, \u00c3\u2030ditions Michel le Guen, Gallimard, Folio, fragment 56, 1977, p. 87-88.<\/li>\n<li><a name=\"2\"><\/a>GNU est un acronyme de \u00c2\u00ab GNU\u00e2\u20ac\u2122s not Unix \u00c2\u00bb. Outre le jeu de mot typiquement informaticien, cela veut dire : \u00c2\u00ab un Unix qui ne sera pas Unix \u00c2\u00bb car les codes source d\u00e2\u20ac\u2122Unix appartiennent \u00c3\u00a0 la firme AT &amp; T : ce sera un Unix librement copiable, diffusable et transformable. <a href=\"http:\/\/www.gnu.org\/gnu\/thegnuproject.fr.html\">http:\/\/www.gnu.org\/gnu\/thegnuproject.fr.html<\/a><\/li>\n<li><a name=\"3\"><\/a>Le magazine Le Tigre est enti\u00c3\u00a8rement r\u00c3\u00a9alis\u00c3\u00a9 avec Scribus <a href=\"http:\/\/www.le-tigre.net\/\">http:\/\/www.le-tigre.net<\/a><\/li>\n<li><a name=\"4\"><\/a>Pour acc\u00c3\u00a9der \u00c3\u00a0 une base de donn\u00c3\u00a9es compl\u00c3\u00a8tes de logiciels libres : <a href=\"http:\/\/framasoft.net\/\">http:\/\/framasoft.net<\/a> (plus de 1300 aujour du 10\/10\/08).<\/li>\n<li><a name=\"5\"><\/a>Rapha\u00c3\u00abl Rousseau, Thierry Pinon, Julien Tayon, \u00c2\u00ab Un point de vue subjectif sur l\u00e2\u20ac\u2122histoire du logiciel libre \u00c2\u00bb <a href=\"http:\/\/www.libroscope.org\/Un-point-de-vue-subjectif-sur-l\">http:\/\/www.libroscope.org\/Un-point-de-vue-subjectif-sur-l<\/a><\/li>\n<li><a name=\"6\"><\/a>&gt;<a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Logiciel_libre\">http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Logiciel_libre<\/a><\/li>\n<li><a name=\"7\"><\/a> Ensemble de protocoles de communication utilis\u00c3\u00a9 par l\u00e2\u20ac\u2122internet <a href=\"http:\/\/artlibre.org\/archives\/textes\/Ensemble%20de%20protocoles%20de%20communication%20utilis%C3%A9%20par%20l%E2%80%99internet%20http:\/\/www.commentcamarche.net\/internet\/tcpip.php3\">http:\/\/www.commentcamarche.net\/internet\/tcpip.php3<\/a><\/li>\n<li><a name=\"8\"><\/a>M\u00c3\u00a9lanie Cl\u00c3\u00a9mente-Fontaine est avec David Geraud, la juriste qui a particip\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 la r\u00c3\u00a9daction de la Licence Art Libre. Son \u00c3\u00a9tude sur la GPL fait autorit\u00c3\u00a9 :<a href=\"http:\/\/artlibre.org\/archives\/textes\/M%C3%A9lanie%20Cl%C3%A9mente-Fontaine%20est%20avec%20David%20Geraud,%20la%20juriste%20qui%20a%20particip%C3%A9%20%C3%A0%20la%20r%C3%A9daction%20de%20la%20Licence%20Art%20Libre.%20Son%20%C3%A9tude%20sur%20la%20GPL%20fait%20autorit%C3%A9%20:%20http:\/\/www.crao.net\/gpl\/gpl.html\"> http:\/\/www.crao.net\/gpl\/gpl.html<\/a><\/li>\n<li><a name=\"9\"><\/a> Le RFC est la forme sous laquelle les sp\u00c3\u00a9cifications techniques et les protocoles qui ont trait \u00c3\u00a0 Internet sont diffus\u00c3\u00a9s librement aux utilisateurs. Traduction en fran\u00c3\u00a7ais des RFC : <a href=\"http:\/\/abcdrfc.free.fr\/\">http:\/\/abcdrfc.free.fr\/<\/a><br \/>\n\u00c2\u00ab Ce peut \u00c3\u00aatre de la documentation g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9rale, des standards, la description d&rsquo;un protocole, etc. Elles sont accessibles sur ftp.inria.fr ou ftp.enst.fr, en FTP. \u00c2\u00bb <a href=\"http:\/\/jargonf.org\/wiki\/RFC\">http:\/\/jargonf.org\/wiki\/RFC<\/a><\/li>\n<li><a name=\"10\"><\/a> Antoine Moreau, \u00c2\u00ab Copyleft le droit de copier, de diffuser et de transformer les oeuvres \u00c2\u00bb Papiers Libres, Juillet 2001. <a href=\"http:\/\/antoinemoreau.net\/left\/papierslibres.html\">http:\/\/antoinemoreau.net\/left\/papierslibres.html<\/a> [<a href=\"http:\/\/artlibre.org\/archives\/textes\/318#footnote-link-11-318\">back<\/a>]<\/li>\n<li><a name=\"11\"><\/a> Le \u00c2\u00ab no copyright \u00c2\u00bb de la revue Potlach (1954-1957) a \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 sans cons\u00c3\u00a9quence aucune qui, dans son \u00c3\u00a9dition en livre de poche (collection Folio), devient tout naturellement : \u00c2\u00a9 \u00c3\u2030ditions Gallimard, 1996.<\/li>\n<li><a name=\"12\"><\/a>Comme on le fait de quelqu&rsquo;un qu&rsquo;on retourne comme une vieille chaussette : \u00c2\u00ab Faire sans effort passer quelqu&rsquo;un d&rsquo;une opinion \u00c3\u00a0 l&rsquo;opinion oppos\u00c3\u00a9e. \u00c2\u00bb<br \/>\n<a href=\"http:\/\/fr.wiktionary.org\/wiki\/retourner_quelqu%E2%80%99un_comme_une_vieille_chaussette\">http:\/\/fr.wiktionary.org\/wiki\/retourner_quelqu%E2%80%99un_comme_une_vieille_chaussette<\/a><\/li>\n<li><a name=\"13\"><\/a>Platon, Oeuvres compl\u00c3\u00a8tes, tome XIII-I, Lettres, lettre II, 314b-c, Paris, \u00c3\u00a9d. Les Belles Lettres, 1997, trad. J. Souilh\u00c3\u00a9, p.10-11.<\/li>\n<li><a name=\"14\"><\/a>A. COMPAGNON, Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un auteur ? Chapitre 5 : L&rsquo;auctor m\u00c3\u00a9di\u00c3\u00a9val, <a href=\"http:\/\/www.fabula.org\/compagnon\/auteur5.php\">http:\/\/www.fabula.org\/compagnon\/auteur5.php<\/a> &gt;<\/li>\n<li><a name=\"15\"><\/a>MATHIEU-ROSAY, Dictionnaire \u00c3\u00a9tymologique, Marabout, 1985.<\/li>\n<li><a name=\"16\"><\/a>PROUST, Contre Sainte Beuve, Gallimard Folio, 1987<\/li>\n<li><a name=\"17\"><\/a>R. BARTHES, \u00c2\u00ab La mort de l&rsquo;Auteur \u00c2\u00bb, Le bruissement de la langue, Seuil, 1984, p. 68.<\/li>\n<li><a name=\"18\"><\/a>Idem, p. 69.<\/li>\n<li><a name=\"19\"><\/a>M. FOUCAULT, \u00c2\u00ab Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un auteur ? \u00c2\u00bb Conf\u00c3\u00a9rence (variante), Dits et \u00c3\u00a9crits, Gallimard, Quarto, 1994, p. 839.<\/li>\n<li><a name=\"20\"><\/a>Idem, \u00c2\u00ab Interview avec Michel Foucault \u00c2\u00bb, p. 679.<\/li>\n<li><a name=\"21\"><\/a>Joseph de Maistre, Sur les sacrifices, \u00c2\u00ab Les soir\u00c3\u00a9es de Saint-P\u00c3\u00a9tersbourg, deuxi\u00c3\u00a8me entretien \u00c2\u00bb, Pocket, 1994, p. 99<\/li>\n<li><a name=\"22\"><\/a>Cette notion du Texte pluriel form\u00c3\u00a9 de multiples autres textes sera approfondi dans R. BARTHES, \u00c2\u00ab De l\u00e2\u20ac\u2122\u00c5\u201cuvre au texte \u00c2\u00bb.Revue d\u00e2\u20ac\u2122Esth\u00c3\u00a9tique n\u00c2\u00b03, Paris 1971, repris par Charles Harrison, Paul Wood, Art en th\u00c3\u00a9orie 1900 \u00e2\u20ac\u201c 1990, Hazan, 1997, p. 1026<\/li>\n<li><a name=\"23\"><\/a>Marie-Jos\u00c3\u00a9 Mondzain, Homo Spectator, Bayard \u00c3\u2030ditions, 2007, p. 220 &amp; p. 242<\/li>\n<li><a name=\"24\"><\/a>Fran\u00c3\u00a7ois Deck, Emmanuelle Gall, Antonio Gallego et Roberto Martinez rassembl\u00c3\u00a9s autour de la revue Allotopie.<\/li>\n<li><a name=\"25\"><\/a>R\u00c3\u00a9dig\u00c3\u00a9e, avec les participants de la liste de diffusion copyleft_attitude@april.org, par M\u00c3\u00a9lanie Cl\u00c3\u00a9ment-Fontaine, David G\u00c3\u00a9raud, juristes et Isabelle Vodjdani, Antoine Moreau, artistes, puis avec Benjamin Jean, juriste, en remplacement de David G\u00c3\u00a9raud pour la version 1.3.<\/li>\n<li><a name=\"26\"><\/a>\u00c2\u00ab Trait\u00c3\u00a9 diplomatique qui \u00c3\u00a9tablit les fondements de la protection internationale des \u00c5\u201cuvres. Elle permet notamment \u00c3\u00a0 un auteur \u00c3\u00a9tranger de se pr\u00c3\u00a9valoir des droits en vigueur dans le pays o\u00c3\u00b9 ont lieu les repr\u00c3\u00a9sentations de son \u00c5\u201cuvre. \u00c2\u00bb <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Convention_de_Berne_pour_la_protection_des_%C5%93uvres_litt%C3%A9raires_et_artistiques\">http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Convention_de_Berne_pour_la_protection_des_%C5%93uvres_litt%C3%A9raires_et_artistiques<\/a><br \/>\n\u00c2\u00ab Convention de Berne pour la protection des \u00c5\u201cuvres litt\u00c3\u00a9raires et artistiques \u00c2\u00bb Organisation Mondiale de la Propri\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 Intellectuelle, <a href=\"http:\/\/www.wipo.int\/treaties\/fr\/ip\/berne\/trtdocs_wo001.html\">http:\/\/www.wipo.int\/treaties\/fr\/ip\/berne\/trtdocs_wo001.html<\/a><\/li>\n<li><a name=\"27\"><\/a>Quelques unes sont r\u00c3\u00a9pertori\u00c3\u00a9es sur http:\/\/oeuvres.artlibre.org et leurs auteurs http:\/\/users.artlibre.org<\/li>\n<li><a name=\"28\"><\/a>La toute premi\u00c3\u00a8re ayant \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 la Design Science License de Michael Stutz qui en a arr\u00c3\u00aat\u00c3\u00a9 le suivi depuis 2001 et qui est moins pr\u00c3\u00a9cise que la LAL <a href=\"http:\/\/www.gnu.org\/licenses\/dsl.html\">http:\/\/www.gnu.org\/licenses\/dsl.html<\/a><\/li>\n<li><a name=\"29\"><\/a>\u00c2\u00ab En 2005, Creative Commons a sorti une nouvelle version 2.5 de la CC by-sa. Cette version introduit de nouvelles restrictions (article 3. points e et f) qui r\u00c3\u00a9servent aux musiciens ou leurs ayants droits (soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9s de perception des droits) le droit exclusif de toucher des r\u00c3\u00a9mun\u00c3\u00a9rations sur la diffusion de leur musique (cd, concert ou t\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9chargement), de ce fait, la CC by-sa devient une licence \u00c3\u00a9trange \u00c3\u00a0 deux r\u00c3\u00a9gimes, qui s\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a9carte des crit\u00c3\u00a8res des licences libres. Pour les oeuvres musicales, elle devient en partie assimilable \u00c3\u00a0 la CC by + nc + sa. \u00c2\u00bb Transactiv-exe.org, \u00c2\u00ab Comparatif de Licences Libres. Le choix du Libre dans le supermarch\u00c3\u00a9 du libre choix \u00c2\u00bb, Isabelle Vodjdani, mai 2004, <a href=\"http:\/\/www.transactiv-exe.org\/article.php3?id_article=95\">http:\/\/www.transactiv-exe.org\/article.php3?id_article=95<\/a><\/li>\n<li><a name=\"30\"><\/a>La version 1.3 de la LAL a \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 motiv\u00c3\u00a9e, entre autres choses, par cette volont\u00c3\u00a9 de compatibilit\u00c3\u00a9. Voir le message envoy\u00c3\u00a9 par Antoine Pitrou sur la liste de diffusion [cc-licenses] en f\u00c3\u00a9vrier 2007 pour affirmer cette volont\u00c3\u00a9. Un exemple parmi d&rsquo;autres rest\u00c3\u00a9 sans r\u00c3\u00a9ponse <a href=\"http:\/\/lists.ibiblio.org\/pipermail\/cc-licenses\/2007-February\/005033.html\">http:\/\/lists.ibiblio.org\/pipermail\/cc-licenses\/2007-February\/005033.html<\/a><\/li>\n<li><a name=\"31\"><\/a>Gr\u00c3\u00a2ce \u00c3\u00a0 la Convention de Berne et contrairement aux licences Creative Commons qui doivent \u00c3\u00aatre adapt\u00c3\u00a9es selon le droit des pays o\u00c3\u00b9 elles veulent s&rsquo;appliquer <a href=\"http:\/\/creativecommons.org\/international\">http:\/\/creativecommons.org\/international<\/a><\/li>\n<li><a name=\"32\"><\/a>Benjamin Mako Hill, \u00c2\u00ab Towards a Standard of Freedom : Creative Commons and the Free Software Movement \u00c2\u00bb, <a href=\"http:\/\/mako.cc\/writing\/toward_a_standard_of_freedom.html\">http:\/\/mako.cc\/writing\/toward_a_standard_of_freedom.html<\/a> Traduction en fran\u00c3\u00a7ais sur le site libroscope.org <a href=\"http:\/\/www.libroscope.org\/Vers-une-liberte-definie-Creative\">http:\/\/www.libroscope.org\/Vers-une-liberte-definie-Creative<\/a><\/li>\n<li><a name=\"33\"><\/a>P. LEGENDRE, Paroles po\u00c3\u00a9tiques \u00c3\u00a9chapp\u00c3\u00a9es du texte, p. 9. cit\u00c3\u00a9 par L. SFEZ, La communication, PUF, Que sais-je, Paris, 1991.<\/li>\n<li><a name=\"34\"><\/a>P. LEGENDRE, Ce que l&rsquo;Occident ne voit pas de l&rsquo;Occident, Mille et une Nuits collection Les quarante piliers, 2004, p. 98.<\/li>\n<li><a name=\"35\"><\/a> Golfin 1972, Centre de Ressources Textuelles et Lexicales, <a href=\"http:\/\/www.cnrtl.fr\/lexicographie\/id%C3%A9ologie\">http:\/\/www.cnrtl.fr\/lexicographie\/id%C3%A9ologie<\/a><\/li>\n<li><a name=\"36\"><\/a>Boris Groys, Politique de l&rsquo;immortalit\u00c3\u00a9, quatre entretiens avec Thomas Koefel, Maren Selle \u00c3\u2030diteurs, Paris 2005, p. 118.<\/li>\n<li><a name=\"37\"><\/a>PASCAL, op. cit., fragment 572, p. 370.<\/li>\n<li><a name=\"38\"><\/a>\u00c2\u00ab [\u00e2\u20ac\u00a6] J\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a9cris ton nom\/Et par le pouvoir d\u00e2\u20ac\u2122un mot\/ Je recommence ma vie\/ Je suis n\u00c3\u00a9 pour te conna\u00c3\u00aetre\/ Pour te nommer\/Libert\u00c3\u00a9. \u00c2\u00bb, P. \u00c3\u2030LUARD, \u00c2\u00ab Libert\u00c3\u00a9 \u00c2\u00bb, Po\u00c3\u00a9sie et v\u00c3\u00a9rit\u00c3\u00a9, 1942. <a href=\"http:\/\/www.wikilivres.info\/w\/index.php\/Libert%C3%A9\">http:\/\/www.wikilivres.info\/w\/index.php\/Libert%C3%A9<\/a><\/li>\n<li><a name=\"39\"><\/a>Georges W. Bush, Discours d\u00e2\u20ac\u2122investiture prononc\u00c3\u00a9 le 22\/01\/05, Le Monde dat\u00c3\u00a9 du 22\/01\/05, p. 2<\/li>\n<li><a name=\"40\"><\/a>Formule exprim\u00c3\u00a9e dans la conf\u00c3\u00a9rence donn\u00c3\u00a9e lors du colloque Autour du libre 2002 \u00c3\u00a0 l&rsquo;INT d&rsquo;Evry le 31 juin 2002. <a href=\"http:\/\/antoinemoreau.net\/left\/autour_du_libre2002.html\">http:\/\/antoinemoreau.net\/left\/autour_du_libre2002.html<\/a><\/li>\n<\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte de la conf\u00c3\u00a9rence donn\u00c3\u00a9e par Antoine Moreau le 15 octobre 2008 \u00c3\u00a0 l\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u2030cole Nationale Sup\u00c3\u00a9rieure d\u00e2\u20ac\u2122Art de Bourges, dans le cadre du cycle \u00e2\u20ac\u009dLibre comme l\u00e2\u20ac\u2122eau, l\u00e2\u20ac\u2122air\u00e2\u20ac\u00a6\u00e2\u20ac\u009d propos\u00c3\u00a9e par Nathalie Magnan. 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