L’éducation populaire, pas si moribonde que ça !

Ce petit billet juste pour répondre à quelques provocations amicales sur le côté obsolète de l’éducation populaire.

Je ne vais pas ici refaire tout le discours sur l’évolution et non la disparition de la veille dame, mais juste vous renvoyer à la lecture de cet article du sociologue Jacques Ion.

Peut-on encore parler d’éducation populaire ? Idéal éducatif, engagements publics et socialisation politique est un article paru dans l’ouvrage “un engagement à l’épreuve de la théorie : itinéraires et travaux de Geneviève Poujol” dans la collection Injep “débats jeunesses”.

Je vous invite à parcourir ces 10 pages dont l’introduction donne le ton :

En guise d’introduction, je commencerai par réfuter deux arguments souvent répétés pour expliquer la crise de l’éducation populaire, ce qui me permettra de préciser ce que j’entends par individuation.

  • Contrairement à ce qui est souvent avancé, nous ne vivons pas la montée des individualismes. (…) ce n’est en effet qu’à partir du moment où l’on peut penser la société comme somme d’individus et non comme assemblage organisé d’entités collectives (des corps, des états ou des corporations) que la question du «Comment ça tient ensemble» (la question du lien social) et la question du «Comment vivre ensemble» (la question politique) deviennent cruciales.(…)
  • Nous ne vivons pas la fin des idéologies. Une idéologie est une représentation du monde social à lui-même, une certaine forme d’articulation du vrai et du bien, une façon de la société de se dire ce qu’elle est. Elle fonctionne comme un mythe, elle est une ressource pour agir, une réserve
    d’énergie collective.Et les sociétés comme les hommes ne peuvent se passer de ces représentations qui contribuent à orienter l’action, c’est-à-dire à la fois à lui donner une impulsion et à lui donner sens. (…)”

Source : http://ressourcesjeunesse.injep.fr

2 réponses

  1. Je ne suis pas certain que les études et les articles scientifiques permettent de redécouvrir les vertus de l’éducation populaire. La glose reste la glose ! Ce qui manque essentiellement c’est de conviction, d’engagement de volonté, de disponibilité pour l’Autre, pour les Autres. Quels que soient les mouvements auxquels nous avons appartenu, ce qui souvent a été déterminant, c’est le regard porté sur nous par ce que l’on peut nommer de façon générique un éducateur. Educateur dont nous pressentions bien que son engagement était fondé sur une vision très exigeante de l’homme dans ses relations avec les autres hommes. C’est cela qu’il faut retrouver : un corps de doctrine partagé permettant à l’esprit de l’éducation populaire de souffler de nouveau telle une tempête. Il y a urgence !

  2. Guy PASTRE dit :

    Je ne peux qu’être d’accord avec toi Gilles. Mais de ma modeste place ça fait du bien de trouver aussi des gens qui peuvent mettre des “gros mots scientifiques” sur des situations qui font échos à des pratiques quotidiennes.

    Il y a effectivement urgence de rappeler que l’Education en tant que telle doit être un projet politique et non un agencement de procédures et de techniques.
    Et je pense que l’on sera mal tant que les éducateurs socio-éducatifs seront porteurs sains de technique, de procédures et de recettes que l’on souhaite miraculeuse, au lieu d’avoir une vision exigeante de la société avec des convictions humanistes pour donner du sens à leurs pratiques et surtout aux relations entre les gens.

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